Les Voix de Byzance
Cet ouvrage a été conçu comme une introduction particulièrement adressée à un public occidental. Il nous plonge à travers les souvenirs d'Angelopoulos au coeur de la Grèce, de sa civilisation musicale, et de son histoire ancienne mais aussi récente.
Lycourgos Angelopoulos est né à Pirgos, le 21 septembre 1941, dans un village situé sur l’ancienne voie sacrée qui reliait Élis à Olympie, dans le Péloponnèse. À Pirgos, il y avait une cathédrale dans laquelle son oncle occupait la fonction de protopsaltis, c’est-à-dire qu’il chantait pendant les offices et qu'il était responsable du chant à la cathédrale. Pendant ses années de collège, puis de lycée, il chantait fréquemment aux vêpres, aux matines, à la sainte liturgie. Il accompagnait également fréquemment son père au monastère où il trouvait un grand plaisir à fréquenter la bibliothèque.
Né dans une famille chrétienne orthodoxe pratiquante, l'Église est très vite devenue pour lui un lieu très familier, comme une seconde maison. “Je garde, dit-il, un souvenir très vif du jour où l’évêque Ilias, métropolite de Pirgos, m'a imposé les mains. C’était en 1955-1956. Je reçus alors le ministère de lecteur, c’est-à-dire que j’étais autorisé à faire la lecture de l'Apostolos, le livre où sont consignés les épîtres et les actes des apôtres, à chaque office de la Sainte et Divine Liturgie”.
Après ces années d'école vint le temps des études universitaires. Lycourgos Angelopoulos part donc pour Athènes et il s'inscrit à la faculté de droit. Il deviendra avocat, mais n'exercera cette charge que peu de temps. Dans le même temps, de plus en plus passionné par la musique byzantine, il intègre le chœur de la métropole d'Athènes (c'est la grande cathédrale orthodoxe). Il connaissait le protopsaltis Spiros Péristéris, l'ayant rencontré en 1956, alors qu'il faisait des tournées pour collecter des chants populaires. À la Cathédrale, Il chantait dans le chœur de gauche dirigé par Evangèlos Tzèlas.
La rencontre de Simon Karas, le plus grand des théoriciens contemporains de la musique classique de Grèce, (c'est ainsi que l'on nomme également la musique byzantine), fut un moment déterminant. Face aux difficultés de compréhension du système musical byzantin que laissait subsister l'enseignement courant à cette époque, Lycourgos Angelopoulos décide donc de tout reprendre au point de départ auprès du maître Simon Karas :
“C’est ainsi, dit-il, qu’à partir de la rentrée de l’année 1971, je me rendis quatre fois par semaine dans toutes les classes où celui-ci enseignait. Les leçons s'étendaient de six heures du soir jusqu'à onze heures et demie ou minuit ! Nous commencions d’abord par de la musique byzantine, et passions à des chansons traditionnelles. Nous travaillions avec un instrument traditionnel, le luth par exemple et chaque cours se terminait par une danse traditionnelle.”